Interdiction Airbnb à Paris : ce que la proposition d'Emmanuel Grégoire change pour les propriétaires

Interdiction Airbnb à Paris : ce que la proposition d'Emmanuel Grégoire change pour les propriétaires

8 minutes de lecture

publié le 26 févr. 2026

modifié le 23 mars 2026

niveau : Débutant

Résumé rapide : Emmanuel Grégoire, élu maire de Paris en mars 2026, souhaite restreindre fortement les meublés touristiques de type Airbnb en les limitant principalement aux résidences principales louées ponctuellement…

Mairie de Paris

1. Qui est Emmanuel Grégoire et que propose-t-il exactement ?

Emmanuel Grégoire est maire de Paris depuis mars 2026. Ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, il portait pendant la campagne des municipales un programme fortement centré sur le logement, désormais au cœur de son action politique.

Le logement constitue l’axe central de son mandat. Lors de sa campagne, il résumait sa position par une formule marquante : « Avec moi, Airbnb à Paris, c’est fini ! ». Il a détaillé ses orientations lors de plusieurs interventions publiques, notamment auprès d’associations.

Les mesures annoncées

Le programme de Grégoire sur le logement repose sur trois volets.

Premièrement, une restriction forte des meublés touristiques : seules les résidences principales louées ponctuellement resteraient autorisées, ce qui reviendrait à supprimer la majorité des locations courte durée professionnelles.

Deuxièmement, la création d’une « brigade de protection du logement », chargée de lutter contre les annonces illégales et de faire respecter l’encadrement des loyers.

Troisièmement, un plan de construction et de mobilisation du parc existant.

Les chiffres clés

  • 60 000 nouveaux logements publics (30 000 sociaux + 30 000 abordables)

  • 300 000 logements vacants ou résidences secondaires à Paris (~1 sur 5)

  • 100 000 logements ciblés pour retour sur le marché

  • ~70 000 meublés touristiques actuellement actifs

Mesures complémentaires

Le programme prévoit également :

  • taxation des logements vacants depuis plus de 5 ans

  • limitation des résidences secondaires

  • « permis de louer social » pour les multipropriétaires

  • rénovation de 200 000 logements, avec priorité énergétique

Les autres positions politiques

Pendant la campagne, d’autres candidats proposaient également des mesures sur Airbnb :

  • Pierre-Yves Bournazel : réduction à 30 nuitées/an

  • David Belliard : limitation des nouveaux Airbnb professionnels

  • Sophia Chikirou : renforcement des contrôles

  • Rachida Dati : focus sur rénovation du parc social

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2. Ce que ça implique concrètement pour les propriétaires de location courte durée

Depuis l’élection les perspectives de régulation des meublés touristiques se sont nettement durcies. Si les mesures annoncées pendant la campagne sont mises en œuvre, les conséquences pour les propriétaires pourraient être majeures.

Si vous louez votre résidence principale sur Airbnb

Vous resteriez, en théorie, le seul profil autorisé à louer en courte durée. Toutefois, cette location serait strictement limitée à vos périodes d’absence (vacances, déplacements).

Concrètement :

  • impossible de louer en continu une chambre de votre résidence principale

  • maintien probable d’un plafond annuel (actuellement 90 jours à Paris), voire réduction

  • contrôles potentiellement renforcés

La courte durée deviendrait un usage ponctuel, et non une source de revenu principale

Si vous louez une résidence secondaire en meublé touristique

C’est le profil le plus directement touché. Votre activité de location courte durée à Paris serait fortement restreinte, voire interdite si les mesures annoncées sont mises en œuvre. Vous devriez soit convertir votre bien en location longue durée (meublée ou vide), soit le vendre, soit l’occuper.

Plusieurs alternatives existent, souvent sous-estimées par les propriétaires.

La première est la location moyenne durée (1 à 10 mois).
Ce modèle repose notamment sur des dispositifs comme le bail mobilité, un contrat légal conçu pour des locations meublées de courte durée (1 à 10 mois), destiné à des profils en mobilité (étudiants, salariés en mission, expatriés). Il est également possible d’utiliser un bail meublé classique adapté à des durées plus flexibles.

Une autre option très pertinente est la colocation meublée :

  • optimisation du rendement (loyer par chambre)

  • forte demande à Paris

  • cadre légal clair

  • stabilité des revenus

Ce type de location permet de viser des profils solvables (étudiants, jeunes actifs, entreprises), tout en restant en dehors des contraintes strictes de la location touristique.

Les avantages de ces alternatives

  • revenus souvent supérieurs à la location longue durée classique

  • moins de rotation que la courte durée → moins de ménage et de gestion

  • cadre juridique clair (bail mobilité, bail meublé, colocation)

  • moins de dépendance aux plateformes type Airbnb

  • meilleure résilience face aux évolutions réglementaires

Avec la brigade de protection du logement annoncée, les contrôles pourraient être renforcés et les sanctions alourdies, rendant ces alternatives encore plus pertinentes.

Si vous êtes un investisseur avec plusieurs biens

Les multipropriétaires sont doublement visés. En plus de l'interdiction de la location courte durée, le « permis de louer social » obligerait ceux qui détiennent 5 biens ou plus à en proposer au moins un à loyer modéré. La taxation renforcée des résidences secondaires et des logements vacants augmenterait également la pression fiscale.

⚠️ Ce que beaucoup de propriétaires sous-estiment Même si Grégoire n'est pas élu, la tendance réglementaire à Paris va dans le sens d'un durcissement constant. La loi Le Meur (2024) a déjà donné aux maires des outils puissants pour limiter les meublés touristiques. Quel que soit le résultat des municipales, anticiper est la meilleure stratégie.

L'impact financier estimé

D'après les données du marché locatif parisien, un appartement de 40 m² en location courte durée peut générer entre 2 000 et 3 500 € nets par mois dans les arrondissements centraux. Le même bien en location longue durée classique rapporte entre 1 200 et 1 600 € par mois. L'écart de revenus est donc significatif : entre 30 % et 55 % de baisse de rentabilité pour les propriétaires contraints de basculer. Toutefois, la location longue durée offre une sécurité et une prévisibilité que la courte durée n'apporte pas, d'autant plus dans un contexte réglementaire instable.

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3. Est-ce réalisable ? Cadre juridique et leçon de New York

Ce que la loi permet déjà

La loi Le Meur adoptée en 2024 a considérablement renforcé les pouvoirs des maires en zone tendue. Les communes peuvent désormais :

  • plafonner la durée annuelle de location des résidences principales

  • fixer des quotas de meublés touristiques

  • imposer un enregistrement strict des annonces

À Paris, ces outils sont déjà largement utilisés (numéro d’enregistrement obligatoire, contrôles, sanctions, changement d'usage, compensation).

Une interdiction totale est-elle juridiquement possible ?

Depuis l’élection de Emmanuel Grégoire en mars 2026, la question n’est plus théorique mais opérationnelle.

Cependant, une interdiction quasi totale des meublés touristiques reste juridiquement incertaine.

Elle devrait respecter plusieurs principes fondamentaux :

  • liberté d’entreprendre

  • droit de propriété

  • liberté du commerce

En pratique :

  • La mairie devra sécuriser ses mesures face à des recours

  • Certaines décisions pourraient nécessiter un cadre législatif national

  • Ces ajustements sont très probables

En bref :
durcissement certain, interdiction totale incertaine

L'échec du modèle new-yorkais

New York constitue le précédent le plus étudié. En septembre 2023, la ville a instauré la Local Law 18, une réglementation extrêmement stricte sur les locations de courte durée. Les annonces Airbnb ont chuté de manière spectaculaire passant de plus de 40 000 à quelques milliers en quelques mois.

Mais les résultats en matière de logement sont décevants. Deux ans après, les loyers new-yorkais sont restés à des niveaux historiquement élevés. L'offre locative est restée tendue, les taux de vacance très bas. Le problème structurel de New York, un déficit chronique de construction neuve n'a pas été résolu en supprimant simplement les Airbnb.

Qui a gagné à New York :

  • Les hôtels : hausse des tarifs moyens de 14 à 19 $ par nuit

  • Les revenus hôteliers : +2,1 à 2,9 milliards $ en 18 mois

  • Les plateformes hôtelières (Booking.com, Hotels.com)

Qui n'a pas gagné :

  • Les locataires : les loyers ne sont pas descendus

  • Les propriétaires : perte de revenus sans compensation

  • Le marché locatif : aucune amélioration mesurable de l'offre

L'enseignement principal est clair : retirer de l'offre de location touristique sans agir sur les causes structurelles de la pénurie, rythme de construction, fiscalité, normes ne suffit pas à résoudre la crise du logement. Une politique efficace doit stimuler l'offre globale, pas simplement la contraindre sur un segment.

Alors, que va-t-il vraiment se passer ?

Maintenant que la majorité municipale est en place :

  • Un durcissement rapide est très probable

  • Une application progressive est plus réaliste qu’un choc immédiat

  • Certaines mesures pourraient être adaptées face aux contraintes juridiques

Conclusion :

  • Interdiction totale immédiate → peu probable

  • Encadrement beaucoup plus strict → quasi certain

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4. Quelles alternatives pour anticiper dès maintenant ?

Plutôt que de subir une transition forcée, les propriétaires ont tout intérêt à diversifier leur stratégie dès aujourd'hui. Voici les principales pistes.

Le bail mobilité : le pivot naturel

Créé par la loi ELAN de 2018, le bail mobilité permet de louer un logement meublé pour une durée de 1 à 10 mois, sans dépôt de garantie et sans reconduction. Il cible les étudiants, les salariés en mission, les personnes en formation. C'est l'alternative la plus proche de la location courte durée en termes de flexibilité, avec l'avantage d'être parfaitement conforme au cadre légal. Le rendement est inférieur à Airbnb mais supérieur à un bail classique.

La location meublée longue durée (LMNP)

Le statut de Loueur Meublé Non Professionnel reste fiscalement attractif, avec l'amortissement du bien et du mobilier. Pour un propriétaire parisien, le passage de la location courte durée à la location meublée longue durée représente certes une baisse de rendement brut, mais aussi la fin du stress opérationnel lié aux rotations de voyageurs, au ménage et à la gestion quotidienne.

La colocation meublée

Particulièrement adaptée aux grands appartements parisiens, la colocation meublée permet d'optimiser le rendement au mètre carré. En louant chaque chambre individuellement, le propriétaire peut atteindre un rendement global supérieur à celui d'une location classique, tout en restant dans un cadre réglementaire stable.

Sources

  1. Programme officiel « Emmanuel Grégoire pour Paris » — Union de la gauche et des écologistes, février 2026

  2. Midi Libre — « Municipales 2026 : Avec moi, à Paris, Airbnb, c'est fini ! », 3 février 2026

  3. L'Humanité — « Municipales 2026 à Paris : Emmanuel Grégoire veut mener une guerre totale contre les meublés touristiques », 17 février 2026

  4. Contrepoints — « Interdire Airbnb à Paris : le pari stupide d'Emmanuel Grégoire et les leçons de New York », 4 février 2026

  5. The Wall Street Journal — Étude sur l'impact de la Local Law 18 à New York

  6. Le Figaro / Boursorama — « Airbnb : que proposent les candidats aux municipales de 2026 à Paris ? », décembre 2025

  7. Loi n° 2024-1399 dite « loi Le Meur » relative à la régulation des meublés touristiques

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FAQ

Interdiction Airbnb à Paris : ce que la proposition d'Emmanuel Grégoire change pour les propriétaires

Emmanuel Grégoire va-t-il vraiment interdire Airbnb à Paris ?

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie aux municipales 2026, promet d'interdire les meublés touristiques permanents de type Airbnb à Paris s'il est élu. Seules les résidences principales louées ponctuellement pendant les vacances du locataire resteraient autorisées. Il prévoit de créer une « brigade de protection du logement » avec des moyens dédiés pour faire respecter cette mesure.

Est-ce légalement faisable d'interdire totalement Airbnb à Paris ?

La loi Le Meur de 2024 donne aux maires de nouvelles prérogatives : plafonner les nuitées, fixer des quotas par quartier et renforcer les contrôles. Toutefois, une interdiction quasi totale pourrait se heurter au droit du commerce et à la liberté d'entreprendre. La mairie devrait sécuriser juridiquement ses choix et probablement obtenir un soutien du législateur au niveau national.

Quelles conséquences pour les propriétaires en location courte durée ?

Les propriétaires de meublés touristiques (hors résidence principale) perdraient la totalité de leurs revenus Airbnb. Ils devraient se reconvertir vers le bail mobilité, la location meublée longue durée ou la colocation. L'impact financier estimé est une baisse de rendement de 30 à 55 % selon l'emplacement et la taille du bien.

Que s'est-il passé quand New York a quasi interdit Airbnb ?

En 2023, New York a appliqué la Local Law 18, une réglementation très stricte. Les annonces Airbnb ont quasi disparu, mais les loyers ne sont pas descendus, l'offre est restée tendue et les hôtels ont augmenté leurs prix, engrangeant entre 2,1 et 2,9 milliards de dollars supplémentaires en 18 mois. La crise du logement n'a pas été résolue.

Quelles alternatives à Airbnb pour les propriétaires à Paris ?

Les principales alternatives sont : le bail mobilité (1 à 10 mois, flexible et légal), la location meublée longue durée sous statut LMNP (avantage fiscal), la colocation meublée (rendement optimisé), et l'utilisation d'un PMS comme myHote pour gérer plusieurs canaux en parallèle et pivoter rapidement selon l'évolution de la réglementation.